mercredi 11 janvier 2017

AU DELÀ D’EN DEÇA

Pour introduire à l’univers de Caroline Guth
Jean-Philippe Domecq

         Voici au moins un constat sur lequel tout le monde sera d’accord, d’emblée : la peinture de Caroline Guth est à part, très à part. Elle n’a rien de la nouveauté voulue, obligatoire, qu’attendent les a priori avancés de la recherche artistique et critique d’aujourd’hui. On ne sait comment la prendre ; elle surprend vraiment, tout en se présentant très simplement, directement, sans détours ni complications, et c’est là peut-être ce qui nous déloge.
Cette artiste se dévoile à elle-même un monde qui paraît venir d’on ne sait où, ni de quel temps. De quel temps ? On voit bien, devant ses toiles, qu’elle n’a pas tourné le dos à l’histoire de la peinture, dont elle a scruté manifestement, suavement certains maîtres et legs. Mais on voit tout autant, par l’impact que cette œuvre a sur nous, qu’elle ne pouvait être peinte qu’aujourd’hui, au point précis où nous en sommes de nos libertés d’expression, de mœurs, de notre connaissance des pulsions et aspirations humaines.
         (…) Il faudra un jour parler (très sérieusement…) du culot en art. Au moins, Caroline Guth a le culot de se poser, par la peinture, des questions à la fois évidentes et souterraines, qui nous reviennent d’on ne sait où mais dont on reconnaît l’écho. C’est son terreau pulsionnel en même temps que réfléchi, et, de là, elle a bien le culot de peindre ouvertement la sensualité intérieure qui fait de nous des êtres de désir, et, dans les mêmes toiles, le regard philosophique qui nous fait dire : est-ce ainsi que nous vivons ? (…) Et pourquoi la peinture perdrait sa spécificité à miser l’interrogation philosophique, pourquoi ? Nous savons bien que nous ne pensons qu’au-delà de ce que nous pensions déjà, eh bien la peinture peut donner à penser au-delà des mots.
Penser ce qui nous échappe, et qui nous tire en avant dans cette existence. (…) Enigme du sens de la vie ou d’un corps qui n’en peut plus d’attirer, dans les deux cas qu’elle tient ensemble à chaque tableau, Caroline Guth parvient à faire passer ces deux pôles intérieurs de notre vie à l’extérieur par la représentation figurative. Celle-ci est certes savamment architecturée et conjoint le velouté charnel avec la stridence du trait abstrait, mais c’est ainsi que cette peinture est débordée par l’inconscient autant que par l’énigme existentielle de ce que nous faisons ensemble et seuls depuis la naissance.
(extraits d’un ouvrage en cours : Un monde à part )

jeudi 8 novembre 2012

Exhibition in London


L'art du Portrait


“L’art du portrait”
Ou
Le portraitiste, peintre de l’âme humaine

Cette exposition, essentiellement composée de portraits, offre des œuvres par lesquelles des femmes s’incarnent au travers d’une expression singulière. Par cet acte de monstration, elles, sujet et objet simultanément, se donnent à voir au regard du spectateur passant.
Ce qu’elles disent, montrent, nous échappe continuellement. C’est leur expression toujours ambiguë que je tente de saisir intuitivement pour ensuite l’offrir au regard par la médiation du portrait.
Ne vous est-il jamais arrivé, devant un portrait, d’avoir le sentiment étrange et troublant que lui aussi vous observe en train de le regarder ? Que veut-il vous avouer, vous raconter ou vous remémorer ? L’envers du « portrait de Dorian Gray ». Ici le portrait ne vieillit pas mais il tente par l’illusion d’exister et de vous dévoiler cet instant d’un « existant » à jamais incarné dans la toile.
Mesurez alors toute la distance avec une photographie qui arrête le temps, qui rigidifie et immobilise irrémédiablement l’instant. Le portrait se veut plus souple, fluctuant, moins exacte, hors du temps. Il laisse ainsi une certaine liberté au sujet représenté par l’œil du peintre. Il existe, jamais exactement le même, toujours un peu autre.
Caroline Guth

jeudi 19 avril 2012

Voyage au cœur de l’art contemporain

Voyage au cœur de l’art contemporain

Premier acte : Visite de la Saatchi Gallery


Ce jeudi 29 mars 2012, nous (plusieurs passionnées d’art) sommes allées visiter une des expositions de la Saatchi Gallery de Londres afin d’approfondir toujours davantage notre connaissance et… compréhension de l’art contemporain.
En résumé, trop peu de surprise. Qu’est-ce qui motive un artiste aujourd’hui ? A regarder de près, on a le sentiment que seule la reconnaissance est visée. Vous me direz que cela a toujours été ainsi et que le mythe de l’artiste révolté et torture n’est qu’une posture, un habit d’apparat.   
Oui ! L’humain est essentiellement superficiel, vaniteux et il adore les cadres et les codes afin de s’assurer une reconnaissance, d’où peut-être ce sentiment étrange de toujours voir la même chose malgré la diversité grouillante de l’art contemporain et actuel. Au fil de cette visite nous avons eu une belle leçon d’académisme contemporain.
Ces artistes sont prolixes, ils adorent faire des références a l’art moderne, s’interroger sur les souffrances actuelles, les impasses de la société et des politiques. Mais vivent-ils vraiment ce qu’ils dénoncent ? Pour certains, oui ! Mais pour l’ensemble ?? Rien n’est certain.
Et les critiques, ne ressemblent ils pas parfois voir trop souvent  à des promoteurs plutôt qu'a des esprits libres et critiques ? N’oublions pas que « Sans la liberté de blâmer, il n’y a pas d’éloge flatteur » (Beaumarchais). Ce qu’il serait bon de rappeler à certains artistes !!! Car de nos jours, il semble toujours aussi difficile de critiquer. Des artistes, comme Damien Hirst, n’hésitent pas à crier au scandale dès qu’un jugement négatif ose être émis sur leurs œuvres. Pourtant, ils n’ont souvent rien des artistes maudits (HIRST pour ne citer que lui, un des premiers du top 10 du marché de l’Art contemporain), c’est peut-être cela le problème d’ailleurs LOL !?
A suivre……